2. Transport fluvio-maritime en Europe : le cas des navires de mer exploités sur des voies de navigation intérieure

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  • Le bois (93 %) et les minerais bruts (70 %) sont essentiellement des marchandises importées, tandis que les produits de l’industrie forestière sont presque exclusivement exportés (99 %). Le charbon et le coke, les produits chimiques et autres marchandises sont exclusivement importés, tandis que les engrais et les métaux sont exclusivement exportés. Le transport fluvio-maritime domestique concerne le transport de charbon et de coke. Le bois est principalement importé de Russie et d’Estonie. Les principaux partenaires commerciaux de la Finlande pour l’exportation et l’importation de minerais bruts et de ciment sont les Pays-Bas. Les engrais sont principalement exportés en Suède, en Allemagne et au Danemark. Les marchandises issues de l’industrie forestière sont principalement exportées aux Pays-Bas, en Allemagne, en Pologne, en France et, dans une moindre mesure, au Royaume-Uni.

 

Informations complémentaires

  • La plupart des navires fluvio-maritimes qui transitent par le canal de Saimaa battent pavillon néerlandais (31 %), russe (28 %) ou antiguais et barbudien (23 %). Les autres bateaux battent pavillon finlandais (8 %), chypriote (4 %) ou autre (6 %). En 2018, 1161 navires fluvio-maritimes ont emprunté le canal de Saimaa (+ 177 bateaux à marchandises par rapport à 2017). Jusqu’en 2011, certains navires fluvio-maritimes naviguaient également sous pavillon allemand.
  • Le transport de passagers sur le canal de Saimaa ne peut pas être considéré intégralement comme étant du transport fluvio-maritime. En effet, certains bateaux à passagers ne parcourent que le côté finlandais du canal de Saimaa jusqu’à l’écluse de Mustola puis effectuent le trajet inverse. Il ne s’agit pas de transport fluvio-maritime, étant donné que ne sont pas parcourus à la fois des voies de navigation intérieure et des secteurs maritimes. Seul le trafic de bateaux à passagers ou de plaisance empruntant le canal peut être considéré comme du transport fluvio-maritime de passagers. La majeure partie du transport fluvio-maritime de passagers en Finlande est assurée par des bateaux à passagers (près de 16 500 passagers en 2018). En 2018, environ 2290 passagers ont emprunté le canal Saimaa à bord de bateaux de plaisance. Depuis 2009, le transport fluvio-maritime de passagers oscille entre 24 000 et 16 000 passagers par an (Source : Traficom).

 

Perspectives et évolutions spécifiques

  • La capacité du canal de Saimaa est actuellement utilisée à hauteur de 25 %. Ce canal présente donc un potentiel d’exploitation supplémentaire.
  • Le programme du gouvernement 2019 du Premier ministre M. Antti Rinne prévoit l’élaboration d’un programme de développement de la navigation intérieure. Plus précisément, il est prévu de promouvoir la navigation intérieure en rallongeant les écluses du canal de Saimaa, mais la concrétisation de ce projet est encore incertaine. Toutefois, étant donné les projets de certaines compagnies fluvio-maritimes (en particulier dans le bassin du Rhin) d’investir dans une nouvelle flotte de navires fluvio-maritimes (les bateaux existants étant vieillissants), il serait utile pour ces compagnies fluvio-maritimes de disposer d’informations plus précises aussi bien sur ces aménagements que sur le calendrier prévu. En particulier, les entreprises du bassin du Rhin nécessitent des informations concernant la prolongation ou non des écluses. Les projets du gouvernement finlandais sont essentiels pour les plans d’investissement des entreprises de transport fluvio-maritime dans la région du Rhin, car de nouveaux bateaux impliquant des investissements importants doivent être construits prochainement. Ces bateaux devront être adaptés aux dimensions futures des écluses du canal de Saimaa en vue d’une exploitation sur plusieurs décennies. En effet, un possible allongement aura une incidence sur la décision d’investissement des entreprises qui cherchent à renouveler leur flotte, en particulier lorsqu’il s’agit de prendre des décisions déterminantes concernant les dimensions des nouveaux navires fluvio-maritimes à construire. S’il se confirme, un tel allongement devrait avoir un impact positif pour les entreprises actives dans le secteur du transport fluvio-maritime dont un partenaire commercial est établi en Finlande.

 

TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN ALLEMAGNE

 

Définitions et secteurs de voies navigables

  • En Allemagne, le transport fluvio-maritime n’est pas défini selon des critères géographiques, mais en fonction du port de chargement et de déchargement. Si la combinaison de ces deux ports – qui doit être notifiée à l’Office fédéral allemand de la statistique (Destatis) par l’exploitant du bateau – implique qu’une partie du trajet a été effectuée sur des eaux maritimes, il est considéré qu’il s’agit de transport fluvio-maritime.
  • Le Rhin, en particulier le Rhin inférieur (région de Düsseldorf, Cologne et Duisburg), joue un rôle central dans le transport fluvio-maritime en provenance et à destination de l’Allemagne.
  • Sur l’ensemble des marchandises chargées ou déchargées en Allemagne et transportées par navire fluvio-maritime en 2018, 93 % ont été chargées dans la région NUTS 2 de Düsseldorf, qui comprend le port de Duisburg. Duisburg est de loin le port le plus important de cette région NUTS 2.

Source: Duisport

 

Transports par origine et destination

  • Au total, 760 000 tonnes de marchandises ont été transportées par navire fluvio-maritime en 2018 en Allemagne et à destination ou en provenance de ce pays. Cependant, une longue série chronologique (2000-2018) montre que le transport fluvio-maritime en Allemagne suit une tendance à la baisse depuis l’an 2000.

 

GRAPHIQUE 21: ÉVOLUTION DU TRANSPORT FLUVIO-MARITIME AU ROYAUME-UNI PAR TYPE DE TRANSPORT (EN MILLIONS DE TONNES)


Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

  • Sur l’ensemble du transport fluvio-maritime allemand, le trafic d’exportation représente la part la plus importante, avec 71 % en 2016 et 65 % en 2018. Comme indiqué ci-après, cela est lié aux exportations de fer, d’acier et de métaux, qui représentent la plus grande partie du trafic fluvio-maritime en Allemagne. La part du trafic d’importation est d’environ un tiers, tandis que le trafic fluvio-maritime national (provenance et destination en Allemagne) représente une part très faible.

 

GRAPHIQUE 22: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN ALLEMAGNE PAR TYPE DE TRANSPORT

2016


2018

Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

  • La principale destination des exportations de fer, d’acier et de métaux est la Grande-Bretagne et plus particulièrement la région de l’estuaire de la rivière Humber, sur la côte nord-est de l’Angleterre. Cette région offre de bonnes conditions naturelles pour le transport fluvio-maritime, la rivière Humber formant un large estuaire qui permet aux navires de mer de naviguer vers l’intérieur du pays. Autour de l’estuaire de la rivière Humber, dans les régions NUTS 2 du Lincolnshire, de l’East Yorkshire et du Northern Lincolnshire sont implantés plusieurs ports et terminaux (Kingston upon Hull, Grimsby, Immingham et d’autres). Une part moins importante des exportations de fer et d’acier est destinée à la Norvège et à la Suède, comme le montrent les tableaux ci-après.
  • Les autres destinations en Grande-Bretagne sont Londres et l’Ecosse. La Norvège et la Suède revêtent également une grande importance en tant que destinations d’exportation.

 

GRAPHIQUE 23: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN ALLEMAGNE – PART DES PAYS DE CHARGEMENT ET DE DECHARGEMENT POUR LES EXPORTATIONS DE L’ALLEMAGNE VERS L’ETRANGER ET POUR LES IMPORTATIONS EN ALLEMAGNE DEPUIS L’ETRANGER (2018)


Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

  • Les trois tableaux ci-après présentent l’évolution des quatre plus grands segments de marchandises, ainsi que les principaux axes commerciaux, tant pour l’exportation que pour l’importation.

 

Transport par catégorie de marchandises

  • Le fer et l’acier ainsi que les métaux et les produits métalliques constituent de loin le segment de marchandises le plus important du transport fluvio-maritime allemand. En 2018, la fonte brute et l’acier ont représenté une part de 63 %. Les métaux non ferreux et les produits semi-finis qui en sont issus ont représenté 5 %, de sorte que plus des deux tiers de la totalité du transport fluvio-maritime allemand étaient liés au fer et à l’acier ou aux produits finis qui en sont dérivés.

 

GRAPHIQUE 24: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN ALLEMAGNE PAR CATEGORIE DE MARCHANDISES (2018)


Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

  • Dans le segment des marchandises du fer brut et de l’acier, 77,5 % des transports fluvio-maritimes en 2018 étaient des exportations et seulement 22,5 % des importations. Pour le deuxième segment en importance (produits pétroliers gazeux, liquéfiés ou comprimés), les importations ont dominé en 2018, avec une part de 98,2 %. Pour les métaux non ferreux et les produits qui en sont dérivés, la part des exportations était de 100 % en 2018. Enfin, les sables, pierres, graviers et argiles ont principalement fait l’objet d’exportations en 2018 (part de 78 %).
  • Les trois tableaux ci-après présentent l’évolution des quatre plus grands segments de marchandises, ainsi que les principaux axes commerciaux, tant pour l’exportation que pour l’importation.

 

TABLEAU 5: VOLUME DU TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN ALLEMAGNE ET QUATRE PRINCIPALES CATEGORIES DE MARCHANDISES DE 2016 A 2018 (EN MILLIERS DE TONNES)

 201620172018
Total du trafic fluvio-maritime en Allemagne1378980765
·          Fer brut, acier958656482
·          Produits pétroliers gazeux, liquéfiés ou comprimés768258
·          Pierres naturelles, sables, graviers, argiles, terres1086434
·          Métaux non ferreux et produits semi-finis dérivés504041
Sous-total des quatre principales catégories de marchandises1191842615
% du sous-total par rapport au total du transport fluvio-maritime86 %86 %80 %

Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

TABLEAU 6: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME – EXPORTATIONS DE L’ALLEMAGNE – PRINCIPALES ROUTES COMMERCIALES EN 2018

Région de chargement (NUTS 2)Région de déchargement (NUTS 2)Segment de marchandisesVolume (en 1000 tonnes)
DüsseldorfGrande-Bretagne (East Yorkshire et Northern Lincolnshire)Fer brut, acier174
DüsseldorfGrande-Bretagne (Lincolnshire)Fer brut, acier96
DüsseldorfGrande-Bretagne (Londres)Métaux non ferreux et produits semi-finis38
DüsseldorfNorvège (Sør-Østlandet)Fer brut, acier33
DüsseldorfSuède (Sydsverige)Fer brut, acier31
DüsseldorfNorvège (Vestlandet)Fer brut, acier22
Somme des volumes ci-dessus393
Total des exportations par transport fluvio-maritime à partir de l'Allemagne494

Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

  • Les importations en Allemagne par transport fluvio-maritime comprennent le fer et l’acier, mais aussi des produits pétroliers gazeux, liquéfiés ou comprimés. Ces trois dernières matières sont importées principalement de Norvège et d’Écosse.
  • Contrairement au transport d’exportation, qui a enregistré une baisse relativement marquée entre 2017 et 2018, le transport d’importation est resté pratiquement stable entre 2017 et 2018.

 

TABLEAU 7: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME – IMPORTATIONS PAR L’ALLEMAGNE – PRINCIPALES ROUTES COMMERCIALES EN 2018

Région de chargement (NUTS 2)Région de déchargement (NUTS 2)Segment de marchandisesVolume (en 1000 tonnes)
Norvège (Agder og Rogaland)DüsseldorfProduits pétroliers gazeux, liquéfiés ou comprimés32
LituanieDüsseldorfFer brut, acier25
Norvège (Vestlandet)DüsseldorfFer brut, acier19
Norvège (Vestlandet)DüsseldorfPierres, sables, graviers, argiles18
France (Nord-Pas-de-Calais)DüsseldorfFer brut, acier18
Grande-Bretagne (East Yorkshire et Northern Lincolnshire)DüsseldorfFer brut, acier16
Grande-Bretagne (Est de l'Écosse)CologneProduits pétroliers gazeux, liquéfiés ou comprimés16
Somme des volumes ci-dessus144
Total des importations par transport fluvio-maritime vers l'Allemagne252

Source : analyse de la CCNR basée sur des données de Destatis

 

  • Le transport de conteneurs ne revêt qu’une faible importance dans le transport fluvio-maritime allemand : en 2017, seuls 245 EVP ont été transportés, entre la région du Rhin inférieur et la Grande-Bretagne.
  • Le transport fluvio-maritime domestique (chargement et de déchargement en Allemagne) s’élevait à environ 10 000 tonnes en 2017. La part la plus importante de ce volume était celle du transport fluvio-maritime de céréales (environ 3000 tonnes) depuis la région côtière de la Baltique en Allemagne (Mecklembourg-Poméranie occidentale) vers le Rhin inférieur (région NUTS 2 de Düsseldorf). En 2018, le transport fluvio-maritime national a été supérieur à celui de l’année précédente, atteignant 16 255 tonnes. La part la plus importante était celle du transport fluvio-maritime de charbon depuis le Schleswig-Holstein vers Berlin (un peu moins de 6 000 tonnes).

 

Caractéristiques du transport fluvio-maritime à Duisport

  • En 2018, 264 navires fluvio-maritimes ont fait escale au Duisport, mais seulement huit entre août et novembre 2018, en raison du faible niveau des eaux. En effet, le transport fluvio-maritime a été le premier secteur d’activité affecté dans ce port par la période de basses eaux de 2018. Jusqu’en septembre 2019, 227 navires fluvio-maritimes ont fait escale dans ce port. Selon Duisport, la sécurisation de l’activité fluvio-maritime dans un port intérieur constitue un défi, notamment en termes de respect des exigences de sécurité (Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires et sécurisation des zones d’attente des navires fluvio-maritimes) et en raison des lourdes formalités (douanes, immigration, OMI). En outre, Duisport est souvent traité comme un port maritime en raison des navires de mer qui y font escale. Cependant, la navigation fluvio-maritime offre également des opportunités, notamment en évitant la congestion et les goulets d’étranglement des ports en eau profonde (trafic décentralisé), en contournant les frontières européennes telles que Douvres-Calais et les liaisons rurales, et constitue une alternative complémentaire idéale pour les acteurs du secteur de la navigation intérieure.

 

TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN FRANCE

 

Définitions et secteurs de voies navigables

  • En France, le transport fluvio-maritime s’entend comme une opération de transport effectuée par un navire de mer, en partie sur les voies de navigation intérieure et en partie sur les eaux maritimes, sans transbordement (marchandises ou passagers). Tout navire de mer doit se conformer à la réglementation de la navigation intérieure lorsqu’il franchit une « limite » définie par la réglementation et appelée « 1er obstacle à la navigation des navires » (1er obstacle à la navigation maritime. Le premier obstacle à la navigation des navires est : pour le Rhône le « pont de Trinquetaille » ; pour le Seine le « pont Jeanne-d’Arc » à Rouen (décret n° 59-951 du 31 juillet 1959 portant fixation des limites de l’inscription maritime dans les estuaires, fleuves, rivières et canaux fréquentés par les bâtiments de mer)).
  • En France, le transport fluvio-maritime est concentré sur deux grands bassins fluviaux :
    – le bassin Rhône (jusqu’à Lyon) – Saône (jusqu’à Pagny).
    – la Seine (jusqu’à Evry) – Oise (jusqu’à Nogent-sur-Oise).
  • Des transports fluvio-maritimes sont également enregistrés sur la Gironde, avec des volumes fluctuants selon les années. Occasionnellement, des transports fluvio-maritimes sont effectués sur les affluents du Rhin (par exemple en 2016 et 2018) ou sur l’Escaut (par exemple en 2017 et 2018).
  • Par ailleurs, le segment spécifique des granulats marins a fait l’objet de transports fluvio-maritimes sur la Loire jusqu’en 2013. Toutefois, ce type de transport ne fait l’objet d’aucune collecte de données spécifiques.

 

Source: VNF

 

Transports par origine et destination

  • Le transport fluvio-maritime de marchandises est fluctuant depuis 1980. Les volumes de marchandises ayant fait l’objet de transports fluvio-maritimes ont augmenté de 1980 à 1997 et ont suivi une tendance à la baisse depuis lors. En 2018, le transport fluvio-maritime de marchandises s’est élevé à 0,75 million de tonnes, contre 1,4 million de tonnes en 2010. En 2018, le transport d’exportation représentait 68 % du total du transport fluvio-maritime en France, tandis que le transport d’importation représentait 32 % (Les régions de chargement et de déchargement hors de France ne sont pas recensées par VNF, seul le nom du premier port d’entrée ou du dernier port de sortie est repris dans les statistiques françaises. Pour les importations depuis et les exportations vers:
    – le bassin Manche/mer du Nord, le premier port d’entrée/dernier port de sortie est le port du Havre ;
    – le bassin méditerranéen, le premier port d’entrée/dernier port de sortie est le port de Saint-Louis-du-Rhône.
    Des données plus détaillées ont été mises à disposition pour le bassin de la Seine via Haropa – Statistiques port de Rouen)
    .

 

GRAPHIQUE 25: ÉVOLUTION DU TOTAL DU TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN FRANCE PAR ORIGINE ET DESTINATION DE 2010 A 2018 (EN MILLIERS DE TONNES)


Source : Haropa Statistiques port de Rouen (données concernant la Seine), VNF (données concernant d’autres voies d’eau)

GRAPHIQUE 26: ÉVOLUTION DU TOTAL DU TRANSPORT FLUVIO-MARITIME DANS LES BASSINS DU RHONE ET DE LA SEINE (IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS) DE 2010 A 2018 (EN MILLIERS DE TONNES)

 

Rhône


Source: VNF

  • Dans le bassin du Rhône, le transport fluvio-maritime se positionne au début de la chaîne de valorisation pour le transport des matières premières (non encore transformées). De ce fait, il est sensible à l’évolution de la conjoncture économique dans certains secteurs, tels que la sidérurgie et l’agriculture, ainsi qu’aux fluctuations des prix des matières premières et des produits agricoles. Les périodes de basses eaux sont susceptibles d’avoir un impact important à cet égard en raison de l’augmentation du prix du transport qui en résulte, aspect important pour les cargaisons en vrac étant donné que le prix du transport doit être peu élevé pour que le tarif de vente de ces marchandises demeure compétitif. Ainsi, la hausse des prix du transport fluvial augmente le risque de transfert modal, notamment vers le rail.
  • En ce qui concerne les exportations, il s’agit principalement de minerais et de déchets métallurgiques exportés en Turquie et de céréales et de produits du bois exportés en Tunisie, au Maroc, en Algérie et en Italie. Les importations concernent principalement des produits métalliques en provenance du bassin méditerranéen. En outre, de l’argile est importé d’Italie et des engrais sont importés de Tunisie et d’Égypte.

 

Seine


Source: Haropa – Statistiques port de Rouen

 

  • Sur la Seine, la baisse du trafic d’exportation observée depuis 2012 peut être attribuée à une baisse constante des exportations de produits agricoles, tant pour la consommation animale et humaine, et de produits sidérurgiques, essentiellement vers le Royaume-Uni. La baisse du trafic d’importation observée depuis 2013 peut être attribuée à une baisse forte et constante des importations de produits sidérurgiques, de 128 000 tonnes en 2012 à 0 en 2018. En 2013 et 2014 ont été importés d’importants volumes de charbon (respectivement 102 000 et 51 000 tonnes), qui ont compensé le recul des produits sidérurgiques sur la même période. Les importations de charbon par transport fluvio-maritime ont cessé en 2015. Actuellement, seuls les engrais (nitrate d’ammonium) en provenance d’Anvers sont importés par transport fluvio-maritime sur la Seine.

 

Transport par catégorie de marchandises

GRAPHIQUE 27: ÉVOLUTION DU TOTAL DU TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN FRANCE PAR CATEGORIE DE MARCHANDISES DE 2010 A 2018 (EN MILLIERS DE TONNES)


Source : analyse de la CCNR sur la base de données de Voies Navigables de France (VNF)

 

  • Cette tendance à la baisse du transport fluvio-maritime peut s’expliquer par un recul important depuis 2010 des transports de produits agricoles et, dans une moindre mesure, de minerais bruts, de matériaux de construction et de produits métalliques. Le transport de minerais et de déchets métallurgiques a enregistré de fortes fluctuations entre 2010 et 2018.
  • Ensemble, les minerais et les déchets métallurgiques (31 %) ainsi que les produits agricoles (32 %) représentent les segments de marchandises les plus importants du transport fluvio-maritime en France, suivis par les produits métalliques (16 %).

 

GRAPHIQUE 28: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN FRANCE EN 2018 PAR CATEGORIE DE MARCHANDISES (EN %)


Source : analyse de la CCNR sur la base de données de VNF

 

  • Environ 85 % de toutes les marchandises exportées par transport fluvio-maritime sont déchargées dans le bassin méditerranéen, tandis que 14 % sont exportées vers le bassin de la Manche/mer du Nord. Les produits agricoles, les minerais et les déchets métallurgiques sont les principaux segments pour l’exportation. Les produits métallurgiques constituent le troisième segment de marchandises le plus important à l’exportation et sont intégralement exportés via le port du Havre. Moins d’un millier de tonnes de machines et de véhicules sont exportés par transport fluvio-maritime vers la région atlantique après avoir été chargés dans le bassin de la Gironde/Garonne.

 

TABLEAU 8: EXPORTATIONS FLUVIO-MARITIMES DEPUIS LA FRANCE – PRINCIPALES ROUTES COMMERCIALES EN 2018 (EN MILLIERS DE TONNES)

Région de chargementPays et région de déchargementSegment de marchandisesVolume
Bassin du RhôneBassin méditerranéen - principalement la TurquieMinerais et déchets métallurgiques213
Bassin du RhôneBassin méditerranéen - principalement l'Italie, le Maroc, la Tunisie et l'AlgérieProduits agricoles (en particulier des céréales)200
Bassin de la SeinePrincipalement le Royaume-Uni et la FinlandeProduits métalliques44
Bassin de la SeinePrincipalement le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la BelgiqueProduits agricoles14
Somme des volumes ci-dessus471
Total des exportations par transport fluvio-maritime depuis la France510

Source : analyse de la CCNR sur la base de données de VNF

 

  • 90 % des marchandises importées en France par transport fluvio-maritime proviennent de régions situées dans le bassin méditerranéen (en particulier l’Espagne, l’Italie, l’Algérie et la Turquie) et ces marchandises sont principalement déchargées dans le bassin du Rhône. D’autres régions de chargement sont situées dans le bassin de la Manche/mer du Nord (en particulier le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Belgique et l’Allemagne) ainsi que dans le bassin atlantique et ces marchandises sont principalement déchargées dans le bassin de la Seine. 33 % de l’ensemble des importations fluvio-maritimes en France sont des importations de produits métallurgiques. Le deuxième segment de marchandises le plus important pour les importations par transport fluvio-maritime en France est celui des matières premières et des matériaux de construction (23 %).

TABLEAU 9: IMPORTATIONS PAR TRANSPORT FLUVIO-MARITIME VERS LA FRANCE – PRINCIPALES ROUTES COMMERCIALES EN 2018 (EN MILLIERS DE TONNES)

Pays et région de chargementRégion de déchargementSegment de marchandisesVolume
Bassin méditerranéenBassin du RhôneProduits métalliques78
Bassin méditerranéen - principalement l'Italie, l'Espagne, la Tunisie et l'AlgérieBassin du RhôneMinerai brut et matériaux de construction65
AnversBassin de la SeineEngrais21
Manche/bassin de la mer du NordMoselleMinerai brut et matériaux de construction3
Région atlantiqueBassin de la Gironde/GaronneMachines et véhicules2
Somme des volumes ci-dessus169
Total des importations par transport fluvio-maritime vers la France243

Source : analyse de la CCNR sur la base de données de VNF

 

Volume de transport par voie de navigation intérieure

GRAPHIQUE 29: TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN FRANCE SUR LES VOIES DE NAVIGATION INTERIEURE (EN MILLIERS DE TONNES)


Source: VNF

 

Informations complémentaires relatives à la flotte

  • Le nombre de navires fluvio-maritimes naviguant dans le bassin de la Seine a diminué de moitié depuis 2013, avec 45 navires fluvio-maritimes en 2013, contre 20 en 2018. Le nombre de navires fluvio-maritimes est resté inchangé dans le bassin du Rhône, avec 21 bateaux. Ces navires fluvio-maritimes sont immatriculés sous les pavillons suivants :
    – dans le bassin du Rhône : Antigua-et-Barbuda, Belize, Lituanie, Malte, Pays-Bas et Saint-Vincent ;
    – dans le bassin de la Seine : Pays-Bas (6), Saint-Vincent (5), Antigua-et-Barbuda (4), Lituanie (2) et Bahamas (2).

 

TRANSPORT FLUVIO-MARITIME AU PORTUGAL

  • Au Portugal, le transport fluvio-maritime n’est pratiqué que sur le Douro. Le transport fluvio-maritime sur le Douro (APTMCD – Intermodal Promotion Centre Portugal) consiste principalement en l’exportation de 27 000 tonnes de sable et de pierres vers l’Allemagne (15 000 tonnes), la Grande-Bretagne (2 000 tonnes), la Suède (9 000 tonnes) et la Norvège (1 000 tonnes).

 

TRANSPORT FLUVIO-MARITIME HORS UE

TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN RUSSIE

(Source : Chambre de la marine marchande de Russie)

 

Définitions et secteurs de voies navigables

  • La Russie dispose d’excellentes conditions naturelles pour la navigation fluvio-maritime. Par rapport à l’Union européenne, les voies navigables y sont très larges et permettent ainsi aux navires de mer de parcourir de longues distances à l’intérieur des terres. Selon la Chambre de la marine marchande de Russie, le réseau de voies navigables en Russie s’étend sur 101 700 km. La Volga et la Neva sont des voies navigables particulièrement importantes pour le transport fluvio-maritime en Russie.
  • En 2019, le nombre des navires de transport fluvio-maritime inscrits au Registre maritime russe était de 1190 unités, dont 849 bateaux motorisés et 341 bateaux non-motorisés (Registre des bâtiments enregistrés avec classification pour la navigation intérieure en Russie, www.rivreg.ru/activities/class/reg-book). Ils sont exclusivement exploités sous le pavillon russe.
  • À l’instar des navires fluvio-maritimes dans l’UE, les navires fluvio-maritimes russes doivent être conformes à la convention internationale SOLAS, ainsi qu’aux dispositions nationales spécifiques relatives à la sécurité et à la sûreté des transports. Les défis auxquels est confronté le transport fluvio-maritime en Russie sont similaires à ceux du transport fluvio-maritime dans l’UE : entretien des infrastructures de navigation intérieure, forte concurrence des autres modes de transport, périodes des basses eaux et vieillissement de la flotte (dont l’âge moyen est de 32 ans en Russie).

 

Transports par origine et destination

  • Les régions dans lesquelles sont exploités les navires fluvio-maritimes russes sont les suivantes : mer Baltique, mer du Nord, mer d’Azov-mer Noire, mer Méditerranée, mer Caspienne et les régions du Nord et d’Extrême-Orient de la Russie.
  • En 2013, le transport fluvio-maritime en Russie s’élevait à près de 11 millions de tonnes. En 2018, environ 25 millions de tonnes ont été transportées par des navires fluvio-maritimes. Les principaux partenaires commerciaux sont l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Grèce, la France et la Croatie.

 

Transport par catégorie de marchandises

  • Les principales marchandises transportées par les navires fluvio-maritimes en Russie sont les céréales, les engrais, l’acier et les produits du bois. Les principaux produits d’exportation transportés par les navires fluvio-maritimes sont le pétrole et les produits pétroliers, les céréales, le charbon, le bois, les métaux et les engrais.

 

Perspectives et évolutions spécifiques

  • Dans le cadre de la stratégie de la Russie pour le développement du transport fluvial d’ici 2030 est prévue la construction de 490 nouveaux navires fluvio-maritimes.

 

TRANSPORT FLUVIO-MARITIME EN UKRAINE

  • En 2019, le nombre de navires fluvio-maritimes en Ukraine s’est élevé à 139, dont 18 bateaux motorisés d’une jauge brute totale de 29 757, et 76 bateaux non motorisés d’une jauge brute totale de 116 484 et 25 remorqueurs et pousseurs (Registre des bâtiments enregistrés avec classification en Ukraine, http://en.shipregister.ua/pdf/reg-ships.pdf).
  • L’Ukraine partage le Danube inférieur avec la Roumanie et la Moldavie. Les ports fluvio-maritimes d’Izmaijl et de Reni, notamment, sont des ports où les navires de mer peuvent charger et décharger des cargaisons.
  • Selon viadonau, le canal Kilia-Bystroe en Ukraine (également dans le delta du Danube) est une autre voie navigable utilisée pour le transport fluvio-maritime, avec 1, 5 million de tonnes de trafic fluvio-maritime en 2017 (+ 362,1 % par rapport à 2016).
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