• Il y a actuellement quelque 15 200 bateaux de marchandises naviguant sur les voies d’eau intérieures européennes, dont 9 800 sont immatriculés dans les pays riverains du Rhin, 3 500 dans les pays riverains du Danube et 1 900 dans d’autres pays européens.

• La majorité des nouveaux bateaux à cargaison sèche qui sont entrés sur le marché européen de la navigation intérieure en 2019 sont immatriculés aux Pays-Bas (17 sur 20). La plupart des nouveaux bateaux (16 sur 20) présentent une capacité de chargement de plus de 2 000 tonnes.

• Quarante nouveaux bateaux-citernes sont entrés sur le marché en 2019, la majorité transportant des produits chimiques de type ADN. En plus des 15 bateaux immatriculés aux Pays-Bas, 14 nouveaux bateaux-citernes étaient immatriculés en Allemagne, huit nouveaux bateaux au Luxembourg et trois en Belgique. Sur ces 40 nouveaux bateaux, 24 présentaient une capacité de chargement de plus de 2 000 tonnes.

 

TAILLE DES FLOTTES (NOMBRE DE BATEAUX DE NAVIGATION INTÉRIEURE) PAR MACRO-RÉGION ET PAYS EN EUROPE

 

    TABLEAU 1: TAILLE DES FLOTTES (NOMBRE DE BATEAUX DE NAVIGATION INTÉRIEURE) PAR MACRO-RÉGION ET CATÉGORIE DE BATEAU EN EUROPE

     Bateaux à cargaison sècheBateaux à cargaison liquidePousseurs et remorqueursNombre total de bateaux
    Flotte rhénane7033143313199785
    Flotte danubienne26522046423498
    Autres pays*154626 #3451917
    Nombre total de bateaux11 2311663230615 200

    Sources : 1) Pays rhénans : VNF (France), CBS (Pays-Bas), ITB (Belgique), administration allemande des voies navigables et de la navigation, registre national du Luxembourg et Ports rhénans suisses. 2) Pays danubiens : Commission du Danube. 3) Autres pays : Eurostat [iww_eq_loadcap]. [iww_eq_ age], Ministère tchèque des transports, Office statistique de Pologne
    * Autres pays = Pologne, République tchèque, Italie, Royaume-Uni, Finlande, Lituanie
    # dont 9 bateaux-citernes en Pologne, 1 en République tchèque et 16 en Lituanie, et un nombre inconnu dans les autres pays.

     

  • Les chiffres suivants montrent le nombre de bateaux à cargaisons sèche et liquide (bateaux et barges automoteurs), ainsi que le nombre de pousseurs et de remorqueurs par pays en Europe. Les données sont les dernières disponibles et se réfèrent à 2019 pour les Pays-Bas, la Belgique, la France, la Suisse, le Luxembourg, et à 2018 pour tous les autres pays, à l’exception de l’Italie et de la Serbie (2017). Les pays rhénans sont indiqués en bleu foncé, les pays danubiens en bleu ciel et les autres pays en rouge.
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    FIGURE 1: NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISONS SÈCHE ET LIQUIDE PAR PAYS EN EUROPE


    Sources : Eurostat [iww_eq_loadcap] et sources utilisées pour les pays rhénans dans le tableau ci-dessus.
     

    FIGURE 2: NOMBRE DE POUSSEURS ET DE REMORQUEURS PAR PAYS EN EUROPE


    Sources: Eurostat [iww_eq_age] et sources utilisées pour les pays rhénans dans le tableau ci-dessus.
     
     
     

ÉVOLUTION DE LA FLOTTE RHÉNANE

 

FLOTTE À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS RHÉNANS

  • En 2019, le nombre de bateaux et barges automoteurs totalisait 7033 unités, ce qui était – pour la première fois depuis 2011 – un nombre plus élevé que l’année précédente (+1%). Avec 10,6 millions de tonnes (+2,6%), la capacité de chargement était également supérieure au niveau atteint en 2018. Cette augmentation de la taille de la flotte reflète celle du taux de nouvelles constructions au cours des années précédentes (voir la partie consacrée aux nouvelles constructions). Comme en 2018, la part de la flotte néerlandaise représente 50% en termes de nombre de bateaux et 58% en termes de capacité de chargement.
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    FIGURE 3: ÉVOLUTION DE LA FLOTTE DE BATEAUX À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS RHÉNANS*


    Source: analyse de la CCNR sur la base des données du Centraal Bureau voor de Statistiek (établies à partir de celles communiquées par le Rijkswaterstaat), administration allemande des voies navigables et de la navigation, VNF, ITB, Ports rhénans suisses, registre national du Luxembourg
    * = bateaux et barges automoteurs, sans pousseurs ni remorqueurs

     

  • Le nombre de bateaux à cargaison sèche dans les pays rhénans était de 7 033 en 2019, contre 7 776 en 2012. La réduction sur cette période a été la plus forte en termes relatifs en France, où le nombre de bateaux a diminué de 246 unités, soit 20 %. Dans les trois autres pays, le pourcentage de réduction était de 6 à 8 %.
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    FIGURE 4: NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISON SÈCHE PAR PAYS RHÉNAN*


    Source : analyse de la CCNR sur la base des données des flottes nationales
    * Les données communiquées par la flotte allemande pour 2019 reposent sur celles de 2018.

     

  • Les petits bateaux sont souvent définis comme des bateaux dont la capacité de chargement peut atteindre 1 500 tonnes. Selon cette définition, il y avait, en 2019, environ 4 225 petits bateaux à cargaison sèche dans les pays rhénans, soit 60% de l’ensemble des bateaux à cargaison sèche.
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    FIGURE 5: NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISON SÈCHE PAR PAYS RHÉNAN PAR CATÉGORIE DE TAILLE EN 2019*


    Sources: analyse de la CCNR sur la base de données des flottes nationales
    * Les données indiquées pour la flotte allemande sont celles de 2018.

     

  • Il existe encore une autre définition applicable aux petits bateaux, selon laquelle seuls ceux dont la capacité de chargement est inférieure ou égale à 650 tonnes peuvent être considérés comme des petits bateaux. Selon cette définition, il existe 703 petits bateaux à cargaison sèche néerlandais (soit 20% de la flotte à cargaison sèche néerlandaise en termes de nombre), et 253 petits bateaux à cargaison sèche belges (soit 27% de la flotte belge de cargaison sèche). Le nombre de bateaux allemands et français d’une capacité inférieure à 650 tonnes ne peut être inclus car les catégories de capacité n’obéissent pas aux mêmes critères dans les statistiques relatives aux flottes française et allemande. Une estimation basée sur les catégories de capacité existantes indique une part comprise entre 30% et 40%.

 
 

FLOTTE À CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS RHÉNANS

  • La forte croissance économique qui a précédé 2009 et la nécessité de transformer la flotte à simple coque en flotte à double coque ont augmenté la capacité de chargement de la flotte d’environ 1 million de tonnes en seulement cinq ans, entre 2005 et 2010, soit de près de 50%. Après 2010, le taux de nouvelles constructions a fléchi, les bateaux à simple coque ont progressivement quitté le marché et le nombre de bateaux s’en est donc trouvé réduit. Cependant, la capacité totale de la flotte est restée plus ou moins constante, dans la mesure où les bateaux qui quittaient la flotte étaient petits et les nouveaux bateaux qui arrivaient sur le marché étaient pour la plupart de grande taille.
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    FIGURE 6: ÉVOLUTION DE LA FLOTTE DE BATEAUX A CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS RHENANS


    Source: données établies par la CCNR à partir de celles communiquées par les flottes nationales.
     

  • En janvier 2020, le nombre total de 1 433 bateaux à cargaison liquide dans les pays rhénans comprenait 1 111 bateaux-citernes de type ADN, selon le système européen d’inspection des barges (EBIS) (Le système européen d’inspection des barges (EBIS) a été développé par les compagnies pétrolières et chimiques dans le cadre de leur engagement à améliorer la sécurité des opérations de transport par bateaux-citernes). Parmi ceux-ci, 1 098 étaient des bateaux-citernes à double coque, et 13, des bateaux-citernes à simple coque. La base de données de l’EBIS indique également que neuf bateaux-citernes bicombustibles (GNL et autre combustible) naviguent dans la région du Rhin.
  • La différence entre l’ensemble des bateaux à cargaison liquide des pays rhénans (1 433) et le nombre de bateaux-citernes de type ADN (1 111) donne un chiffre résiduel de 322 bateaux. Ce résultat recouvre les types de bateaux suivants :
    – bateaux-citernes de type ADN (transport de marchandises dangereuses) du commerce dédié pour les partenaires non membres de l’EBIS,
    – bateaux d’avitaillement plus anciens,
    – des bateaux transportant des huiles végétales,
    – bateaux transportant de l’eau douce, chargés de ravitailler en eau potable les navires de mer à quai dans les ports maritimes,
    – bateaux-citernes transportant du ciment (béton),
    – bateaux déshuileurs / bateaux-citernes pour le transport de déchets.
  •  

    FIGURE 7: NOMBRE TOTAL DE BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE PAR PAYS RHÉNAN


    Source: données établies par la CCNR à partir de celles communiquées par les flottes nationales.

 
 
 

ÉVOLUTION DE LA FLOTTE DANUBIENNEET DE LA FLOTTE DES BATEAUX À MARCHANDISES DANS D’AUTRES PAYS

 

BATEAUX À CARGAISON SÈCHE DANS LA RÉGION DU DANUBE

  • Selon les statistiques de la Commission du Danube (accompagnées de précisions reposant sur des enquêtes menées auprès des entreprises de transport des États membres de la Commission du Danube), la flotte du Danube comptait, fin 2017, environ 400 pousseurs, 242 remorqueurs, 409 bateaux automoteurs à cargaison sèche et environ 2 100 barges à cargaison sèche. Plus de 70% du volume total de transport sont acheminés par des convois poussés, qui sont composés comme indiqué dans le tableau ci-dessous, en fonction de la classe de la voie navigable et des conditions de navigation.
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    TABLEAU 2: TYPE DE TRANSPORT DE CARGAISON SÈCHE SUR LE DANUBE (PART DU TRANSPORT TOTAL EN %)

    Bateau pousseur + 7-9 barges poussées40-42%
    Bateau pousseur + 6 barges20-23%
    Bateau pousseur + 4 barges12-14%

    Source : Rapport d’observation du marché de la Commission du Danube
     

  • La flotte totale de bateaux à cargaison sèche du Danube a diminué depuis 2005. Cependant, à partir de 2014, la tendance à la baisse s’est interrompue et la taille de la flotte s’est à présent stabilisée. La flotte de cargaison sèche roumaine est la plus importante de la région du Danube, représentant environ 48% de l’ensemble des bateaux de cargaison sèche de la région. Sa taille continue d’augmenter.
  •  

    FIGURE 8: ÉVOLUTION DE LA FLOTTE À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS DU DANUBE


    Source : Commission du Danube

 
 

FLOTTE A CARGAISON LIQUIDE DANS LA REGION DU DANUBE

  • Selon les statistiques de la Commission du Danube (assorties de précisions reposant sur des enquêtes menées auprès des compagnies de transport dans les États membres de la Commission du Danube), à la fin de l’année 2017, il y avait 74 bateaux-citernes automoteurs et 128 bateaux-citernes, d’une capacité totale de chargement d’environ 0,22 million de tonnes.
  • Le nombre total de bateaux à cargaison liquide dans les pays du Danube a augmenté jusqu’en 2011, mais a affiché une tendance à la baisse dans les années qui ont suivi. La capacité de chargement a moins subi les effets de cette tendance négative qui est, d’une certaine manière, parallèle à l’évolution de la flotte à cargaison liquide dans les pays rhénans. La Roumanie possède la plus grande flotte de bateaux-citernes de la région du Danube, totalisant 47% des 202 bateaux-citernes des pays du Danube.
  • En janvier 2020, la base du Système européen d’inspection de barges (EBIS), qui ne comprend que des pétroliers de type ADN, ne contenait que 34 bateaux immatriculés dans les pays du Danube (12 en Autriche, 9 en Slovaquie, 9 en Roumanie, 4 en Serbie), dont 32 étaient des bateaux-citernes à double coque, et 2 des bateaux-citernes à simple coque. Il y a donc un grand nombre de bateaux-citernes ADN opérant sur le Danube inférieur qui ne sont pas inspectés par l’EBIS. Malgré la réglementation relative à l’ADN, un certain nombre de barges à simple coque sont toujours en service pour le transport de marchandises relevant de l’ADN.
  •  

    FIGURE 9: ÉVOLUTION DE LA FLOTTE À CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS DU DANUBE


    Source : Commission du Danube

 
 

FLOTTE DES BATEAUX À MARCHANDISES DANS D’AUTRES PAYS EUROPÉENS

  • La figure suivante montre l’évolution du nombre de bateaux à cargaison sèche et liquide en Pologne, en République tchèque, en Finlande, au Royaume-Uni et en Lituanie. Les données relatives à l’Italie sont partiellement manquantes et sont également influencées par une rupture structurelle qui rend impossible leur intégration dans la série.
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    FIGURE 10: NOMBRE DE BATEAUX ET BARGES AUTOMOTEURS EN POLOGNE, AU ROYAUME-UNI, EN FINLANDE, EN RÉPUBLIQUE TCHÈQUE ET EN LITUANIE


    Source: Eurostat [iww_eq_age]

 
 
 

CONSTRUCTION DE NOUVEAUX BATEAUX

  • En 2019, l’activité de nouvelles constructions a poursuivi sa légère tendance à la hausse, qui avait débuté en 2015 pour les bateaux à cargaison sèche, et en 2017 pour les bateaux à cargaison liquide. Cette tendance à la hausse représente une reprise par rapport au plancher atteint en 2014 (cargaison sèche) et en 2016 (cargaison liquide), comme le montre la figure suivante.
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    FIGURE 11: NOUVELLES CAPACITÉS MISES SUR LE MARCHÉ DES CARGAISONS SÈCHE ET LIQUIDE (CAPACITÉ DE CHARGEMENT EN 1 000 T)


    Source: IVR
     

  • La majorité des nouveaux bateaux à cargaison sèche mis sur le marché en 2019 sont immatriculés aux Pays-Bas (17 sur 20).
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    FIGURE 12: BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT MIS SUR LE MARCHÉ, PAR PAYS D’IMMATRICULATION (NOMBRE, 2011-2019)


    Source: IVR
     

  • La plupart des nouveaux bateaux à cargaison sèche avaient une capacité de chargement de plus de 2 000 tonnes. En effet, sur les 20 nouveaux bateaux, 6 appartenaient à la catégorie des 2 000 t – 3 000 t, et 7 à la catégorie des 3 000 – 4 000 t. Leur capacité de chargement est donc généralement supérieure à la capacité de chargement moyenne actuelle de la flotte à cargaison sèche d’Europe occidentale (2 100 tonnes par bateau).
  •  

    TABLEAU 3: BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT CONSTRUITS, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT

    Capacité de chargement201720182019
    0 < 1 000 t421
    1 000 – 2 000373
    2 000 à 3 000 t956
    3 000 à 4 000 t1237
    > 4 000 t103
    Total291720

    Source: IVR
     

  • En ce qui concerne les mesures des bateaux, 5 des 20 nouveaux bateaux à cargaison sèche mesurent 110 mètres de long et 11,5 mètres de large. Mais des bateaux de taille inférieure ont aussi assez fréquemment été observés.
  • Selon la base de données de l’IVR, 40 nouveaux bateaux-citernes sont entrés sur le marché en 2019, voire 42 selon les données recueillies par le système de l’EBIS. La plupart étaient des bateaux-citernes pour le transport des produits chimiques de type ADN (38 selon l’EBIS), auxquels s’ajoutait un petit nombre de 4 bateaux-citernes pour le transport de gaz de type ADN. Outre les 15 bateaux enregistrés aux Pays-Bas, 14 nouveaux bateaux ont été enregistrés en Allemagne, 8 au Luxembourg et 3 en Belgique.
  •  

    FIGURE 13: BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE NOUVELLEMENT MIS SUR LE MARCHÉ, PAR PAYS D’IMMATRICULATION (NOMBRE, 2011-2019)


    Source: IVR
     

  • Les nouveaux bateaux à cargaison liquide appartenaient à différentes catégories, la majorité se situant dans celle des 1 000-2 000 t (15 bateaux), et 2 000-3 000 t (11 bateaux).
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    TABLEAU 4: BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE NOUVELLEMENT CONSTRUITS, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT

    Capacité de chargement201720182019
    0 < 1 000 t121
    1 000 – 2 000101215
    2 000 à 3 000 t14711
    3 000 à 4 000 t235
    > 4 000 t148
    Total272840

    Source : analyse de la CCNR sur la base de données fournies par l’IVR
     

  • La longueur la plus fréquente des nouveaux bateaux est de 110 mètres. Sur les 40 nouveaux bateaux-citernes, 18 présentaient cette longueur classique en 2019. La deuxième longueur la plus fréquente est de 86 mètres (13 bateaux). De très grands bateaux ont également été observés : 6 nouveaux bateaux ont une longueur de 135 mètres.
  • Entre 2012 et 2019, 26 nouveaux remorqueurs, pousseurs et barges poussées ont été mis sur le marché européen. En 2019, 3 nouveaux bateaux ont été mis sur le marché, comme en 2018, et 2017. L’un d’eux est le pousseur MS AMBITIOUS, qui a été construit pour la société française Compagnie Fluviale de Transport (CFT) et qui mesure 29,5 mètres de long et 11,2 mètres de large. Les deux autres pousseurs sont immatriculés au Luxembourg (MS OTTO) et en Suisse (MS VIKING ORVAR).
  •  
     
     

STRUCTURE DES FLOTTES PAR AGE

  • Selon la base de données de l’IVR concernant les flottes, la répartition du nombre de bateaux par année de construction a été établie pour les pays rhénans. On peut constater que la flotte rhénane (La totalité des bateaux proviennent des Pays-Bas, de Belgique, du Luxembourg, d’Allemagne, de France et de Suisse) est relativement ancienne. Environ 80 % des bateaux de la flotte dont l’année de construction est connue ont été construits au 20e siècle. Si ce pourcentage ne s’applique qu’à 58 % environ des bateaux-citernes, il vaut pour environ 84 % de la flotte de bateaux à cargaison sèche, qui a connu une importante activité de mise en service à la fin des années 50 et au début des années 60, et une activité plus réduite dans les années 80, en particulier au début de la décennie actuelle. Si le nombre de bateaux construits dans les années 1920 a lui aussi augmenté, c’est dans une moindre mesure. En outre, en ce qui concerne le segment des cargaisons sèche et liquide, de nombreux bateaux ont été construits pendant la forte croissance économique des années qui ont précédé la crise économique de 2009, alors que cet effet ne se manifeste pas pour les bateaux à passagers et les pousseurs/remorqueurs.
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    FIGURE 14: ACTIVITÉ DE MISE EN SERVICE DE LA FLOTTE RHÉNANE AU FIL DU TEMPS


    Sources: IVR, analyse de la CCNR
    En outre, dans le cas de 212 bateaux à cargaison sèche, 69 bateaux à passagers, 61 pousseurs et 14 bateaux-citernes, l’année de construction est inconnue.

     

  • Grâce à son importante flotte de croisière fluviale (environ 72 % des bateaux du pays) et à une flotte de bateaux-citernes de petite taille mais très récente, la Suisse dispose d’une flotte relativement moderne. Seuls 23% environ de ses bateaux ont été construits au 20e siècle, ce qui en fait la plus jeune flotte rhénane. En revanche, environ 94% de l’ensemble des bateaux de la flotte française, la plus ancienne des pays rhénans, ont été construits au 20e siècle. Environ 78 % des bateaux de la flotte néerlandaise, qui est la plus importante, ont été construits avant 2000 (De manière générale, il convient de mentionner que l’ensemble de la base de données de l’IVR contient, non seulement des bateaux actifs, mais aussi en partie des navires inactifs. C’est pourquoi le terme « activité de mise en service » a été choisi à la place de la « structure par âge »).
  • Selon les informations contenues dans le rapport de l’observation du marché de la Commission du Danube, la structure par âges de la flotte du Danube (chiffres approximatifs pour la fin 2017) est caractérisée par les ratios suivants : environ 72 % des pousseurs et des remorqueurs et 16 % des barges poussées ont plus de 40 ans ; 59 % des barges poussées ont plus de 35 ans.

 
 
 

SUIVI DE L’ÉVOLUTION DES CAPACITÉS

  • Le taux d’utilisation moyen de la flotte est calculé à l’aide d’un modèle qui tient compte de la demande de transport par segment de marchandises dans les pays rhénans (Pays-Bas, Allemagne, France, Belgique, Suisse), du tonnage de la flotte dans les pays rhénans et des niveaux d’eau sur le Rhin aux échelles de Maxau, Kaub, Cologne et Duisbourg. Le taux d’utilisation des capacités est défini comme le ratio entre le tonnage de la flotte nécessaire (demande dérivée de la flotte, établie à partir de la demande de transport) et le tonnage de la flotte disponible déterminé sur la base des statistiques relatives à la flotte rhénane présentées dans la partie 2 de ce chapitre.
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BATEAUX À CARGAISON SÈCHE

  • En 2019, le taux d’utilisation moyen de la flotte à cargaison sèche a considérablement diminué par rapport à 2018. Dans le graphique correspondant, l’évolution du taux d’utilisation des capacités, reflétant le rapport entre l’offre et la demande, est représentée pour les différents segments de la flotte. En 2018, l’utilisation des capacités de la flotte avait été très élevée. En effet, comme la période de basses eaux de 2018 avait réduit la capacité effective de la flotte disponible (réduction du côté de l’offre), chaque bateau ne pouvait être chargé que dans une moindre mesure. Il a également fallu mettre en service davantage de bateaux, ce qui a encore contribué à l’augmentation du taux d’utilisation global de la flotte en 2018.
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    FIGURE 15: UTILISATION DE LA CAPACITÉ DE LA FLOTTE À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS RHÉNANS (PAR SEGMENT DE FLOTTE)


    Source: analyse Panteia sur la base de données fournies par la CCNR.
     

  • En 2019, les conditions n’étaient plus les mêmes. La capacité effective disponible des bateaux et de la flotte était supérieure (augmentation de l’offre). En combinaison avec une demande de transport plus faible en 2019 (réduction du transport de charbon en raison de la transition énergétique, réduction du transport de minerai de fer en raison des tensions commerciales dans l’industrie sidérurgique), le taux d’utilisation de la flotte a diminué.
  • Les taux moyens d’utilisation de la flotte qui ont affiché la plus forte baisse sont ceux des bateaux d’une capacité de charge supérieure à 2000 tonnes. La principale raison en était la grande vulnérabilité de ces bateaux dans des conditions d’hydraulicité extrêmes.
  • Pour les bateaux de petite et moyenne taille (catégorie de bateaux < 1000 tonnes et catégorie de 1000 à 2000 tonnes), l'utilisation de la capacité a moins fortement diminué. Ces bateaux sont généralement optimisés pour la navigation sur les réseaux de canaux néerlandais ou allemands comportant d'importantes limitations en matière de tirant d'eau. Le poids et le tirant d'eau à vide de ces bateaux sont relativement faibles, ce qui leur permet de franchir les sections peu profondes du Rhin moyen, même dans des conditions difficiles dues aux basses eaux. En outre, les bateaux de ces catégories ont, dans une moindre mesure, été touchés par la transition énergétique, car ils sont principalement utilisés pour le transport de produits agricoles et de matériaux de construction.
  • Bien que la capacité de la flotte à cargaison sèche en 2019 ait été inférieure à ce qu’elle avait été en 2009, lorsque la crise financière avait éclaté, on pouvait encore parler de surcapacité. Ceci résulte principalement d’une baisse de la demande relative aux bateaux à cargaison sèche ; en 2019, celle-ci était encore plus faible que pendant la crise financière de 2009 et 2010.

 
 

BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE

  • En 2019, le taux d’utilisation moyen de la flotte à cargaison liquide a diminué de 9 %, passant de 85% à 76%. La raison principale de cette diminution est l’absence d’étiages en 2019. Tout au long de l’année, l’ensemble du Rhin a connu des conditions de navigation plutôt bonnes. Par conséquent, la capacité de transport de fret des bateaux-citernes à cargaison liquide a pu être utilisée à son maximum ou presque. Il en avait été autrement pendant l’année 2018, où les effets des basses eaux avaient été subis sur de longues périodes de l’année, entraînant des taux élevés d’utilisation de la capacité de la flotte à cargaison liquide.
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    FIGURE 16: ÉVOLUTION DE L’UTILISATION DES CAPACITÉS DE LA FLOTTE À CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS RHÉNANS (PAR SEGMENT DE FLOTTE)


    Source: analyse Panteia sur la base de données fournies par la CCNR.
     

  • Le taux d’utilisation des capacités était néanmoins assez élevé en 2019, en raison d’une demande accrue de transport de produits pétroliers (la fermeture temporaire d’une raffinerie en Suisse y a joué un rôle) ainsi que d’une offre relativement faible. Le retrait des bateaux-citernes à simple coque du marché, qui a considérablement réduit la capacité de la flotte ces dernières années, a entraîné un niveau d’offre relativement faible en 2019. Compte tenu de l’ensemble des facteurs susmentionnés, les taux d’utilisation des capacités de toutes les catégories de flotte ont diminué, tout en restant à un niveau relativement élevé.
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