CAPACITÉ DE CHARGEMENT DES BATEAUX À CARGAISON MOTORISÉS ET DES BARGES POUSSÉES OU REMORQUÉES (EN 1 000 TONNES)*

Source : Eurostat [iww_eq_loadcap]
* Bateaux à cargaison liquide et bateaux à cargaison sèche additionnés

 

  • La flotte italienne comptait 14 pousseurs et remorqueurs en 2017, contre 219 pousseurs et remorqueurs en Pologne, 92 au Royaume-Uni, 71 en République tchèque et 37 en Lituanie.
  • La capacité moyenne de chargement des bateaux à marchandises dans ces cinq pays est inférieure aux valeurs observées pour les flottes des pays rhénans. Parmi ces cinq pays, les bateaux tchèques présentaient une capacité de chargement moyenne de 626 tonnes en 2017, soit la capacité la plus importante. Une capacité moyenne de 501 tonnes a été relevée pour la flotte polonaise en 2017, contre 310 tonnes pour la flotte britannique. Globalement, les bateaux les plus petits sont lituaniens, avec une capacité de chargement moyenne de seulement 159 tonnes.
  • Dans la répartition ci-après des bateaux selon les catégories de dimensions pour les flottes polonaise et lituanienne, la plupart des bateaux appartenant à la catégorie de dimensions < 1 000 tonnes ont en réalité une capacité de chargement bien inférieure à 1 000 tonnes.

 

NOMBRE DE BATEAUX À MARCHANDISES POLONAIS, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT*

Source : Office statistique de la Pologne
*Bateaux motorisés et barges poussées et remorquées. Sans les pousseurs et remorqueurs.

 

NOMBRE DE BATEAUX À MARCHANDISES LITUANIENS, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT*

Source : Office statistique de la Lituanie
*Bateaux motorisés et barges poussées et remorquées. Sans les pousseurs et remorqueurs.

 

STRUCTURE DES FLOTTES PAR ÂGE

(La répartition par âge des flottes n’est pas disponible pour tous les pays d’Europe)
 

  • Les flottes des pays européens sont non seulement de taille différente, l’âge moyen et la structure des flottes par âge sont également divergents. La comparaison entre les bateaux belges et allemands permet de constater que le nombre de bateaux construits avant la fin des années 1990 est plus élevé en Allemagne. À l’inverse, le nombre de bateaux construits après 1999 est plus élevé dans la flotte.

 

NOMBRE DE BATEAUX PAR ANNÉE DE CONSTRUCTION DANS LES FLOTTES BELGE ET ALLEMANDE*

Sources : CCNR, sur la base de données l’administration allemande des voies d’eau et de la navigation et du ministère belge des transports
* Ces données comprennent les bateaux à cargaison sèche, à cargaison liquide ainsi que les pousseurs et remorqueurs.

 

  • La flotte danubienne compte un nombre élevé de bateaux construits entre les années 60 et les années 90. Peu de nouveaux bateaux ont été construits depuis l’an 2000 pour une exploitation sur le Danube.

 

NOMBRE DE BATEAUX PAR ANNÉE DE CONSTRUCTION DANS LES PAYS DANUBIENS *

Source : Commission du Danube
* Ces données comprennent les bateaux à cargaison sèche, à cargaison liquide ainsi que les pousseurs et remorqueurs.

 

  • Pour les flottes polonaise et tchèque, la structure par âge montre également que très peu de nouveaux bateaux ont été construits au cours du nouveau millénaire, à partir de l’an 2000.

 

NOMBRE DE BATEAUX PAR ANNÉE DE CONSTRUCTION DES FLOTTES POLONAISE ET TCHÈQUE

Source : Office statistique de Pologne et Ministère tchèque des transports

 

CONSTRUCTION DE NOUVEAUX BATEAUX

 

  • En 2018, la capacité de chargement nouvellement mise sur le marché a diminué pour le segment des cargaisons sèches, tandis qu’elle a augmenté de 18 % pour le segment des cargaisons liquides. En 2018, 17 nouveaux bateaux à cargaison sèche (bateaux motorisés et barges poussées) ont été mis sur le marché (dont neuf aux Pays-Bas). Ce taux de nouvelles constructions est en baisse par rapport à 2017, tant en termes de nombre de bateaux qu’en termes de capacité de chargement ajoutée.
  • Dans le segment des bateaux-citernes, le taux de nouvelles constructions a augmenté en 2018 pour la troisième année consécutive. Un tiers des nouveaux bateaux citernes mis sur le marché en 2018 a été immatriculé aux Pays-Bas, un autre tiers en Allemagne et le troisième tiers en Belgique, en France, au Luxembourg et en Suisse. Avec quatre nouveaux bateaux-citernes sur 28, le Luxembourg a fortement augmenté sa part par rapport aux années précédentes.

 

NOUVELLES CAPACITÉS MISES SUR LE MARCHÉ DANS LES SEGMENTS DE LA CALE SÈCHE ET DE LA CALE CITERNE (TONNAGE 1 000 T)

Source : IVR

 

BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT MIS SUR LE MARCHÉ, PAR PAYS D’IMMATRICULATION (NOMBRE, 2011-2018)

Source : IVR

 

  • Les trois plus grands nouveaux bateaux à cargaison sèche (d’une capacité de chargement de plus de 3 000 tonnes) ont été mis en service aux Pays-Bas (MS PANERAI, MS REHOBOTH) et en France (MS PYTHAGORE).

 

BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT CONSTRUITS EN 2018, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT

Source : IVR

 

 

  • En 2018, neuf nouveaux bateaux-citernes ont été immatriculés aux Pays-Bas et neuf nouveaux bateaux ont également été immatriculés en Allemagne. En Belgique et au Luxembourg ont été immatriculés quatre nouveaux bateaux-citernes, tandis qu’un seul nouveau bateau a été immatriculé respectivement en France et en Suisse.

 

BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE NOUVELLEMENT MIS SUR LE MARCHÉ, PAR PAYS D’IMMATRICULATION (NOMBRE, 2011-2018)

Source : IVR

 

  • Les trois plus grands nouveaux bateaux à cargaison liquide ont été mis sur le marché en Belgique et ces bateaux affichent une capacité de chargement supérieure à 8 000 tonnes (MS MONFORD, MS ANTWERPIA, MS MARBELLA).

 

BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE NOUVELLEMENT CONSTRUITS EN 2018, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT

Source : IVR

 

 

  • Les mises sur le marché de nouveaux remorqueurs, pousseurs et barges poussées sont moins fréquentes. Entre 2012 et 2018, seulement 23 nouvelles constructions de cette catégorie ont été mises sur le marché en Europe, dont 15 aux Pays-Bas. Trois nouvelles constructions ont été mises sur le marché en 2018, contre quatre en 2017.

 

SUIVI DE L’ÉVOLUTION DES CAPACITÉS

 

Bateaux à cargaison sèche

  • En 2018, le taux moyen d’utilisation (Défini comme la relation entre le tonnage nécessaire (nécessaire en raison de la demande de transport d’une année donnée) et le tonnage disponible de la même année, en %. La méthodologie est disponible sur demande) de la flotte à cargaison sèche a fortement baissé par rapport à 2017. Le graphique correspondant présente l’évolution du rapport entre l’offre et la demande en navigation intérieure pour les différentes catégories de bateaux. Il convient de noter que toutes les catégories de bateaux ont contribué à l’augmentation de l’utilisation des capacités, principalement en raison des graves étiages du Rhin qui ont affecté la navigation au second semestre 2018. En novembre 2018, les niveaux d’eau ont atteint un minimum pluriannuel sur presque toutes les sections du Rhin.

 

ÉVOLUTION DE L’UTILISATION DES CAPACITÉS DE LA FLOTTE RHÉNANE (BATEAUX À CARGAISON SÈCHE) PAR CATÉGORIES DE BATEAUX (EN %)

Source : Panteia, sur la base de données fournies par la CCNR

 

  • Il convient de noter que les taux moyens d’utilisation de la flotte ont connu la plus forte hausse parmi les bateaux d’une capacité de chargement supérieure à 2 000 tonnes. La principale raison en est l’extrême vulnérabilité de ces bateaux dans des conditions d’hydraulicité extrêmes, à la fois pour les hautes eaux et les basses eaux. Pour la plupart, les nouvelles constructions de la période 2007-2012 dans cette catégorie de bateaux ont été optimisées pour naviguer en présence de niveaux d’eau élevés. La pleine utilisation de la capacité de chargement n’est possible sur le Rhin que lorsque les niveaux d’eau sont très élevés. Il en résulte que la capacité de chargement est considérablement restreinte lorsque les niveaux d’eau baissent fortement. Afin d’assurer une capacité de chargement élevée, la masse des bateaux à l’état lège (sans cargaison) et le tirant d’eau correspondant sont élevés. Il en résulte une capacité de chargement peu élevée durant les périodes d’étiage. Plusieurs grands bateaux à cargaison sèche n’ont pas pu atteindre le Rhin moyen et le Rhin supérieur en novembre de l’année dernière, les hauteurs d’eau dans les sections du Rhin moyen n’étant même pas suffisantes pour permettre le passage des bateaux de grande capacité à l’état lège.
  • En revanche, l’utilisation des capacités a augmenté moins fortement pour les catégories de bateaux < 1 000 tonnes et de 1 000 à 2 000 tonnes. Ces bateaux sont généralement optimisés pour la navigation sur les réseaux de canaux néerlandais ou allemands, où la hauteur d’eau est très limitée (de 2,50 à 2,80 mètres). La masse et le tirant d’eau de ces bateaux sont relativement faibles à l’état lège, ce qui leur permet de franchir les sections peu profondes du Rhin moyen, même durant les périodes d’étiage plus marquées. Les bateaux de cette catégorie de dimensions transportent généralement des produits agricoles.
  • Ces dernières années, il est apparu clairement que la flotte à cargaison sèche s’est remise de la crise sur le plan structurel. Des niveaux d’eau historiquement bas, tant en termes absolus qu’en termes de durée, ont entraîné pour toutes les catégories de bateaux des taux d’utilisation des capacités équivalents à ceux enregistrés avant la crise. Aucune surcapacité n’a été constatée au cours de l’année écoulée, quelle que soit la catégorie de dimensions des bateaux ; au second semestre de 2018 ont même été constatées des pénuries. Toutefois, une augmentation de la capacité de la flotte n’est pas recommandée pour les propriétaires de bateaux, de telles pénuries étant liées à des niveaux d’eau exceptionnels. Les propriétaires de bateaux devraient toutefois repenser la conception des bateaux et optimiser la flotte actuelle afin qu’elle puisse naviguer dans des conditions de basses eaux. Cela pourrait également rendre la flotte moins vulnérable aux niveaux d’eau élevés.

 

Bateaux à cargaison liquide

  • En 2018, le taux d’utilisation moyen de la flotte à cargaison liquide a augmenté de 21 %, passant de 64 % à 85 %. Cette augmentation s’explique principalement par le retrait du marché de bateaux-citernes à simple coque, impliquant une forte baisse de la capacité de la flotte (conformément aux dispositions de l’ADN, 2018 était la dernière année au cours de laquelle les bateaux-citernes à simple coque pouvaient être utilisés pour le transport d’essence) et par les périodes d’étiage qui ont fortement entravé la navigation sur le Rhin tout au long du second semestre de l’année 2018.

 

ÉVOLUTION DE L’UTILISATION DES CAPACITÉS DE LA FLOTTE RHÉNANE (BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE) PAR CATÉGORIES DE BATEAUX (EN %)

Source : Panteia, sur la base de données fournies par la CCNR

 

  • En raison des causes susmentionnées, les taux d’utilisation des capacités de toutes les catégories de la flotte ont sensiblement augmenté. Tel était particulièrement le cas pour la plus grande catégorie de bateaux, les bateaux-citernes d’une capacité de chargement de 2000 tonnes et plus, qui ont été touchés par les périodes d’étiage. Lorsque les niveaux d’eau du Rhin sont passés sous le seuil de 1,40 mètre dans les sections peu profondes près de Kaub et de Maxau, de nombreux bateaux de grandes dimensions n’ont pas pu naviguer vers l’amont. De ce fait, d’importantes destinations pour le vrac liquide comme Ludwigshafen am Rhein, Karlsruhe ou Bâle n’ont pu être atteintes au cours des mois d’octobre et novembre. En de rares occasions, quelques grands bateaux-citernes à simple coque ont pu transporter de l’essence vers l’amont. Dans d’autres circonstances, des bateaux plus petits (de 1 000 à 2 000 tonnes) ont été exploités sur certaines sections du Rhin.
  • Il convient de noter qu’aucune surcapacité n’a été constatée au cours de l’année écoulée dans le segment du vrac liquide. Des pénuries de bateaux ont été constatées pour toutes les catégories de dimensions, en raison des périodes d’étiage et de l’extrême vulnérabilité de la flotte aux basses eaux. Cette année devrait cependant être considérée comme une année atypique. Tel est également le cas pour le segment du vrac sec, les chargeurs et les propriétaires de bateaux devraient repenser la conception des bateaux et les optimiser de sorte que le vrac sec puisse aussi être transporté vers le Rhin moyen et supérieur durant les périodes d’étiage.