• La flotte de navigation intérieure en Europe comprend près de 10 000 bateaux immatriculés dans les pays rhénans, 3 500 bateaux immatriculés dans les pays danubiens et 2 300 bateaux immatriculés dans d’autres pays européens.
• En 2020, les effectifs des flottes d’Europe occidentale se sont accrus, comptant ainsi 27 nouveaux bateaux à cargaison sèche et 54 nouveaux bateaux-citernes. La reprise de l’activité de nouvelles constructions s’est poursuivie, aussi bien pour les bateaux à cargaison sèche que pour les bateaux-citernes.
• La flotte de bateaux-citernes est le segment de flotte le plus jeune que comptent les pays rhénans, représentant 52 % du nombre total de bateaux-citernes construits au 21e siècle, alors que cette part correspond à 16 % pour les bateaux à cargaison sèche et à 29 % pour les bateaux à passagers.

 

TAILLE DES FLOTTES PAR MACRO-RÉGION ET PAR PAYS EN EUROPE

 

TABLEAU 1 : TAILLE DES FLOTTES (NOMBRE DE BATEAUX DE NAVIGATION INTÉRIEURE) PAR MACRO-RÉGION ET PAR TYPE DE BATEAU EN EUROPE

 Bateaux à cargaison sècheBateaux à cargaison liquideBateaux pousseurs et remorqueursNombre total de bateaux
Flotte rhénane6 4921 4351 3539 749
Flotte danubienne2 6522046423 498
Autres pays*1 56126 #7272 314
Nombre total de bateaux11 1551 6652 72215 542

Sources : 1) Pays rhénans : VNF (France), CBS/Rijkswaterstaat (Pays-Bas), ITB (Belgique), administration allemande des voies navigables et de la navigation, registre national de la flotte du Luxembourg et administration fédérale des voies d’eau suisses. 2) Pays du Danube : Commission du Danube. 3) Autres pays : Eurostat [iww_eq_loadcap], [iww_eq_age], Ministère tchèque des transports, Office statistique de Pologne, Office statistique de Lituanie.
*Autres pays = Pologne, République tchèque, Italie, Royaume-Uni, Finlande, Lituanie
# dont 9 bateaux-citernes en Pologne, 1 en République tchèque et 16 en Lituanie, et un nombre inconnu dans les autres pays

 

  • Les chiffres suivants indiquent le nombre cumulé de bateaux à cargaisons sèche et liquide (automoteurs et barges) et le nombre de pousseurs et de remorqueurs par pays en Europe. Les données sont les dernières disponibles et se réfèrent à l’année 2020 pour les Pays-Bas, la Belgique, la France, la Suisse, le Luxembourg, et à 2019 pour tous les autres pays, à l’exception de l’Italie (2018), du Royaume-Uni (2018) et de la Serbie (2017).
  • En l’absence de données d’Eurostat sur la flotte de la Belgique et celle du Luxembourg, ce sont les données établies par les administrations des voies d’eau intérieures et celles figurant dans les registres nationaux qui ont été utilisées. Ce sont également les données établies par les administrations des voies navigables néerlandaises qui ont été prises en compte en ce qui concerne la flotte des Pays-Bas, car elles semblent être les plus fiables.14 Pour certains autres pays (par exemple, la France, l’Allemagne, la République tchèque, la Lituanie), les données relatives à leurs flottes respectives correspondent exactement aux données d’Eurostat [iww_eq_loadcap].
  • Pour les pays du Danube et les autres pays d’Europe, c’est la base de données de la flotte d’Eurostat [iww_eq_loadcap] qui a été utilisée.

 

FIGURE 1 : NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISONS SÈCHE ET LIQUIDE PAR PAYS EN EUROPE


Sources : Eurostat [iww_eq_loadcap] et sources nationales utilisées pour les pays rhénans
 

  • Les données relatives au nombre de pousseurs et de remorqueurs par pays sont extraites de la base de données d’Eurostat, à l’exception de la Belgique et du Luxembourg (en l’absence de données d’Eurostat pour ces deux pays, ce sont les données de leur administration nationale des voies navigables qui ont été utilisées).

 

FIGURE 2 : NOMBRE DE POUSSEURS ET DE REMORQUEURS PAR PAYS EN EUROPE


Sources : Eurostat [iww_eq_age] et ITB (Belgique), registre des bateaux immatriculés au Luxembourg
 

ÉVOLUTION DE LA FLOTTE RHÉNANE

 
FLOTTE À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS RHÉNANS
 

  • Les données relatives à la flotte qui sont présentées dans cette partie reposent entièrement sur les données nationales fournies par les administrations des voies navigables respectives. La raison qui a motivé cette approche tient à la distinction, entre bateaux à cargaison sèche et bateaux à cargaison liquide, qui est faite dans les bases de données nationales et dans la base de données de l’IVR, mais pas dans celles d’Eurostat.
  • Environ 50 % de l’ensemble des bateaux à cargaison sèche des pays rhénans (bateaux et barges automoteurs, sans les pousseurs et remorqueurs) sont immatriculés aux Pays-Bas. Les données utilisées pour la flotte néerlandaise incluent les bateaux de navigation intérieure immatriculés aux Pays-Bas et actifs dans ce pays en 2020.15
  • Les données relatives aux flottes d’autres pays rhénans comprennent aussi essentiellement les bateaux actifs et sont fournies par les administrations des voies navigables belge, allemande, française et suisse, et sont extraites du registre des bateaux immatriculés au Luxembourg. Le nombre total de bateaux à cargaison sèche dans les pays rhénans était, selon ces sources, de 6 942 en 2020, contre 7 012 en 2019.

 

FIGURE 3 : NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS RHÉNANS POUR 2020*


Source : analyse de la CCNR sur la base de données nationales (voir tableau 1)
* Les données allemandes concernent l’année 2019.

 

FIGURE 4 : NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISON SÈCHE PAR PAYS RHÉNAN*


Source : analyse de la CCNR sur la base de données nationales
* Les données relatives à la flotte allemande n’étaient pas encore disponibles pour 2020.

 

  • La capacité de chargement moyenne ou port en lourd moyen d’un bateau de la flotte rhénane équivalait à environ 1 500 tonnes en 2020, par rapport à 1 090 tonnes en 2005. La capacité de chargement totale de la flotte est restée plutôt constante depuis 2008 et s’élevait à 10,5 millions de tonnes en 2020.
  • Les bateaux de petite taille sont généralement définis comme des bateaux dont la capacité de chargement ne dépasse pas 1 500 tonnes. Selon cette définition, les flottes belge, néerlandaise, française et allemande se composaient comme suit en 2020 :16

 

TABLEAU 2 : COMPOSITION DE LA FLOTTE À CARGAISON SÈCHE (BATEAUX ET BARGES AUTOMOTEURS) PAR PAYS RHÉNAN

FlotteBateaux de petite taille (≤ 1 500 t)Nombre total de bateaux à cargaison sèchePourcentage de bateaux de petite taille
Flotte néerlandaise1 7963 43452 %
Flotte allemande *1 0971 52572 %
Flotte française76197778 %
Flotte belge53797855 %

Sources : CBS/Rijkswaterstaat, administration allemande des voies navigables, ITB / administration belge des voies navigables, VNF
* Données allemandes pour 2019

 

  • On entend souvent dire que le nombre de bateaux de petite taille dans le secteur de la navigation intérieure est en baisse. Les données à long terme confirment cette hypothèse, comme le montre la figure suivante. Au sein de la flotte néerlandaise, le nombre de bateaux avec un port en lourd maximum de 1 500 tonnes est passé de 2 395 en 2008 à 1 796 en 2020. Cela représente une baisse de 25 %, ce qui signifie qu’un bateau de petite taille néerlandais sur quatre qui transportait des cargaisons en 2008 n’était plus en activité en 2020.

 

FIGURE 5 : NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISON SÈCHE DE LA FLOTTE NÉERLANDAISE PAR CLASSE DE PORT EN LOURD


Sources : analyse de la CCNR basée sur des données du CBS établies par le Rijkswaterstaat
 
 
FLOTTE À CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS RHÉNANS
 

  • La part de la flotte néerlandaise recouvre environ 52 % du nombre total de bateaux à cargaison liquide dans les pays rhénans. La Suisse et le Luxembourg comptent un nombre relativement élevé de bateaux-citernes.
  • La flotte à cargaison liquide peut être considérée comme une flotte jeune, par rapport à la flotte à cargaison sèche.17 En ce qui concerne la flotte suisse de bateaux-citernes, par exemple, 30 des 42 bâtiments ont été construits après l’an 2000 (part de 71 %). Quant aux flottes belge et allemande, il en est ainsi pour 69 % et 59 % du nombre total de bateaux-citernes, respectivement. Cette structure par âge s’explique par la conversion des bateaux à simple coque en bateaux à double coque, qui a entraîné d’importants investissements dans de nouveaux bateaux et le retrait progressif des bateaux plus anciens.
  • D’un point de vue quantitatif, le nombre total de bateaux-citernes a diminué depuis 2012, étant donné que le nombre de bâtiments en cours de retrait dépassait le nombre de nouveaux bateaux à double coque entrant sur le marché.

 

FIGURE 6 : NOMBRE DE BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS RHÉNANS EN 2020*


Source : analyse de la CCNR sur la base de données nationales
* Les données allemandes se rapportent à 2019.

 

FIGURE 7 : NOMBRE TOTAL DE BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE PAR PAYS RHÉNAN*


Source : analyse de la CCNR sur la base de données nationales
* Les données allemandes se rapportent à 2019.

 

  • En janvier 2021, le nombre total de 1 433 bateaux à cargaison liquide dans les pays rhénans comprenait 1 199 bateaux-citernes de type ADN, selon le Système européen d’inspection des barges (EBIS).18 Parmi ceux-ci, 1 170 étaient des bateaux-citernes à double coque, et 29 des bateaux-citernes à simple coque. La différence entre le nombre total de bateaux-citernes et le nombre de bateaux-citernes de type ADN s’explique par l’existence de bateaux à cargaison liquide ne transportant pas de marchandises dangereuses (par exemple, les bateaux transportant des huiles végétales, bateaux-citernes transportant du ciment ou les bateaux transportant de l’eau douce, chargés de ravitailler en eau potable les navires de mer stationnés à quai dans les ports maritimes).
  • La base de données de l’EBIS indique également que dix bateaux-citernes bicombustibles (GNL et autre combustible) naviguaient sur les voies d’eau européennes au début de l’année 2021, alors qu’ils étaient au nombre de neuf l’année précédente.

 

ÉVOLUTION DE LA FLOTTE DANUBIENNE ET DE LA FLOTTE DES BATEAUX À MARCHANDISES DANS D’AUTRES PAYS EUROPÉENS

 
FLOTTE À CARGAISON SÈCHE DANS LA RÉGION DU DANUBE
 

  • Selon les statistiques de la Commission du Danube (assorties de précisions reposant sur des enquêtes menées auprès des entreprises de navigation des États membres de la Commission du Danube), la flotte du Danube comptait, fin 2017,19 environ 400 pousseurs, 242 remorqueurs, 409 bateaux automoteurs à cargaison sèche et environ 2 100 barges à cargaison sèche. Plus de 70 % du volume total de transport sont acheminés par des convois poussés, dont la composition est présentée dans le tableau ci-dessous, en fonction de la classe de la voie navigable et des conditions de navigation.

 

TABLEAU 3 : TYPE DE TRANSPORT DE CARGAISON SÈCHE SUR LE DANUBE (PART DU TRANSPORT TOTAL EN %)

Bateau pousseur + 7-9 barges poussées40-42 %
Bateau pousseur + 6 barges20-23 %
Bateau pousseur + 4 barges12-14 %

Source : rapport d’observation du marché de la Commission du Danube
 

  • La flotte totale de bateaux à cargaison sèche du Danube a diminué depuis 2005. Cependant, à partir de 2014, la tendance à la baisse s’est interrompue et la taille de la flotte s’est à présent stabilisée. La flotte de cargaison sèche roumaine est la plus importante de la région du Danube, représentant environ 48 % de l’ensemble des bateaux à cargaison sèche de la région. Sa taille continue d’augmenter.

 
FLOTTE À CARGAISON LIQUIDE DANS LA RÉGION DU DANUBE
 

  • Selon les statistiques de la Commission du Danube (assorties de précisions reposant sur des enquêtes menées auprès des entreprises de navigation dans les États membres de la Commission du Danube), à la fin de l’année 2017, il y avait 74 bateaux-citernes automoteurs et 128 bateaux-citernes, d’une capacité totale de chargement d’environ 0,22 million de tonnes.20

 
FLOTTE DES BATEAUX À MARCHANDISES DANS D’AUTRES PAYS EUROPÉENS
 

  • Eurostat met à disposition des statistiques sur les flottes de bateaux de navigation intérieure en Pologne, en République tchèque, en Finlande et en Lituanie. Les données relatives à l’Italie sont marquées par deux ruptures structurelles. Les dernières données disponibles pour l’Italie (2018) font état de 240 bateaux autopropulsés, 164 barges et 332 bateaux pousseurs et remorqueurs.
  • En Pologne, le nombre de bateaux et de barges autopropulsés a diminué au cours des dernières années, passant de 607 en 2016 à 482 en 2019. La taille de la flotte polonaise de pousseurs et remorqueurs a également diminué ces dernières années (étant passée de 219 pousseurs et remorqueurs en 2017 à 179 pousseurs et remorqueurs en 2019).

 

CONSTRUCTION DE NOUVEAUX BATEAUX

 

  • En 2020, la demande de bateaux nouvellement construits affichait des tendances à la hausse. Par rapport à l’année 2019, le taux de nouvelles constructions a augmenté de sept unités pour les bateaux à cargaison sèche. Au nombre de bateaux-citernes nouvellement construits se sont ajoutées 14 unités (passant de 40 en 2019 à 54 en 2020). On note une forte augmentation de la capacité des bateaux à cargaison liquide nouvellement construits.
  • La majorité des nouveaux bateaux à cargaison sèche mis sur le marché en 2020 sont immatriculés aux Pays-Bas (14 sur 27), suivis par la Belgique avec sept bâtiments, et trois bateaux pour l’Allemagne et la France, respectivement.

 

FIGURE 8 : BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT MIS SUR LE MARCHÉ, PAR PAYS D’IMMATRICULATION (NOMBRE, 2011-2020)


Source : IVR
 

  • Une forte proportion des bateaux à cargaison sèche nouvellement construits avaient une capacité de chargement de plus de 3 000 tonnes. En effet, sur les 27 nouveaux bateaux, 10 appartenaient à la catégorie des 3 000–4 000 tonnes. La capacité moyenne des bateaux à cargaison sèche nouvellement construits atteignait 2 474 tonnes en 2020, alors que cette valeur correspondait à 3 256 tonnes en 2019.

 

TABLEAU 4 : BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT CONSTRUITS, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT

Capacité de chargement2017201820192020
0 < 1 000 t4213
1 000-2 000 t3739
2 000-3 000 t9565
3 000-4 000 t123710
> 4 000 t1030
Total29172027

Source : IVR. Il convient de noter que, pour 2 bateaux nouvellement construits, le tonnage de port en lourd est en partie estimatif en raison de valeurs manquantes à la base.
 

TABLEAU 5 : BATEAUX À CARGAISON SÈCHE NOUVELLEMENT CONSTRUITS EN 2020, PAR LONGUEUR

LongueurNombre de bateaux
<= 55 mètres3
55 à < 70 mètres0
70 à < 86 mètres8
86 à 110 mètres16
> 110 mètres0
Total27

Sources : IVR, analyse de la CCNR
 

  • Selon la base de données de l’IVR, 54 nouveaux bateaux-citernes sont entrés sur le marché en 2020. Outre les 25 nouveaux bateaux immatriculés aux Pays-Bas, 11 nouveaux bateaux ont été enregistrés en Allemagne, 11 en Belgique, 4 au Luxembourg et 2 en Suisse.

 

FIGURE 9 : BATEAUX-CITERNES NOUVELLEMENT MIS SUR LE MARCHÉ, PAR PAYS D’IMMATRICULATION (NOMBRE, 2011-2020)


Source : IVR
 

  • La capacité de chargement la plus courante des nouveaux bateaux-citernes se situait dans la catégorie des 2000-3000 tonnes, qui comptait 17 nouveaux bateaux-citernes en 2020. La catégorie des 3000-4000 tonnes vient en deuxième position, avec 11 bateaux nouvellement construits. Par rapport aux bateaux-citernes nouvellement construits en 2019, on peut observer que la demande de capacités de chargement plus importantes a augmenté en 2020. La capacité de chargement moyenne des nouveaux bateaux-citernes correspondait à 3 793 tonnes en 2020 et à 3 103 tonnes en 2019.

 

TABLEAU 6 : BATEAUX-CITERNES NOUVELLEMENT CONSTRUITS, PAR CAPACITÉ DE CHARGEMENT

Capacité de chargement2017201820192020
0 < 1 000 t1210
1 000-2 000 t1012159
2 000-3 000 t1471121
3 000-4 000 t23510
> 4 000 t14814
Total28284054

Sources : IVR, analyse de la CCNR. Il convient de noter que pour un bateau nouvellement construit, le tonnage de port en lourd a été partiellement estimé en raison d’une valeur initialement manquante.
 

TABLEAU 7 : BATEAUX-CITERNES NOUVELLEMENT CONSTRUITS EN 2020, PAR LONGUEUR

LongueurNombre de bateaux
<= 55 mètres0
55 à < 70 mètres0
70 à < 86 mètres6
86 à 110 mètres34
> 110 mètres14
Total54

Sources : IVR, analyse de la CCNR
 

  • Dans la catégorie des pousseurs et remorqueurs, seuls deux bateaux nouvellement construits ont été immatriculés aux Pays-Bas. L’un d’eux est le pousseur PIETER VAN DER WEES et l’autre est le TENACIOUS.
  • La figure 10 illustre la nouvelle capacité de chargement entrant sur le marché par année et par bateau à cargaison sèche et liquide. Après un long déclin consécutif à la crise financière, les nouvelles capacités, tant sèches que liquides, ont augmenté au cours des dernières années. En ce qui concerne la capacité de chargement de cargaisons liquides, on note une plus forte hausse de l’activité de construction de nouveaux bateaux, ce qui peut s’expliquer par des tendances plus favorables de la demande de transport dans le secteur des cargaisons liquides, par rapport au secteur des cargaisons sèches.

 

FIGURE 10 : NOUVELLES CAPACITÉS MISES SUR LE MARCHÉ DES CARGAISONS SÈCHE ET LIQUIDE (CAPACITÉ DE CHARGEMENT EN 1 000 T)


Source : IVR
 

STRUCTURE PAR ÂGE DE LA FLOTTE RHÉNANE (IVR)21

 

  • Selon la base de données de l’IVR, les Pays-Bas détiennent la plus grande part de la flotte rhénane dans presque toutes les catégories de bateaux.

 
Pousseurs et remorqueurs
 

  • Les bateaux-pousseurs et les remorqueurs ont été, pour la plupart, construits au 20e siècle, les Pays-Bas arrivant en tête. Au 21e siècle, les Pays-Bas comptaient à eux seuls 70 des 102 nouveaux pousseurs et remorqueurs.
  • Environ 69 % (1 144 sur un total de 1 649)22 de l’ensemble des pousseurs et remorqueurs de la flotte rhénane sont immatriculés aux Pays-Bas, suivis par 19 % en Allemagne et 9 % en Belgique.

 
Bateaux-citernes
 

  • Sur les quelque 53 % de l’ensemble de la flotte de bateaux-citernes des pays rhénans immatriculés aux Pays-Bas, 47 % ont été construits au 20e siècle, et les 53 % restants au 21e siècle. Il est fait observer que cette part de 53 % détenue par la flotte néerlandaise correspond presque exactement à celle figurant dans la base de données nationale, dans laquelle la part attribuée à la flotte néerlandaise est de 52 % par rapport à l’ensemble des bateaux-citernes rhénans.
  • L’Allemagne, en deuxième position, possède 25 % des bateaux-citernes, dont environ 45 % ont été construits au 20e siècle, et 20 % au 21e siècle. Selon la base de données nationale, cette dernière part représente 59 %.
  • Le Luxembourg, qui détient environ 5 % des bateaux-citernes, a construit 80 % de sa flotte depuis le début de ce siècle.
  • On peut donc constater l’émergence d’une flotte de bateaux-citernes relativement récente dans les pays rhénans, avec deux pics d’activité pour les nouvelles constructions au cours des 20 dernières années (un premier au moment de la crise financière (2008-2009) et un second, plus modeste, au cours des années 2019/20).

 
Cargaison sèche
 

  • La flotte à cargaison sèche reste la plus ancienne, toutes catégories confondues, ayant été construite à 84 % au 20e siècle et à 16 % au 21e siècle.
  • 51 % des bâtiments de la flotte à cargaison sèche sont immatriculés aux Pays-Bas. Ceux immatriculés en Allemagne et la Belgique représentent 22 % et 16 %, respectivement. Ces chiffres, fondés sur la base de données de l’IVR, correspondent approximativement aux parts qui ressortent des bases de données nationales, selon lesquelles 49 % de la flotte à cargaison sèche des pays rhénans sont enregistrés aux Pays-Bas, 22 % en Allemagne et 14 % en Belgique.
  • En France, 98 % des bateaux à cargaison sèche ont été construits avant le 21e siècle, ce qui en fait la flotte la plus ancienne de tous les pays rhénans. En Suisse et aux Pays-Bas, cette part atteint 76 %.

 
Flotte à passagers
 

  • Le nombre total de bateaux à passagers dans les pays rhénans s’élève à 2 213 bateaux, dont 71 % sont entrés sur le marché avant l’an 2000.
  • Les Pays-Bas et l’Allemagne figurent en tête de cette catégorie, possédant respectivement 53 % et 33 % du nombre total de bateaux. La Suisse arrive en troisième position avec une part de 9 %, ce qui représente environ 200 bateaux à passagers.

 

FIGURE 11 : MISES EN SERVICE DE LA FLOTTE RHÉNANE AU FIL DU TEMPS (NOMBRE DE BATEAUX DE NAVIGATION INTERIEURE)


Sources : IVR, analyse de la CCNR. En outre, dans le cas de 60 bateaux à cargaison sèche, 50 bateaux à passagers, 30 pousseurs et 2 bateaux-citernes, l’année de construction est inconnue.
 

SUIVI DE L’ÉVOLUTION DES CAPACITÉS

 

  • Le taux d’utilisation moyen de la flotte est calculé à l’aide d’un modèle qui tient compte de la demande de transport par segment de marchandises dans les pays rhénans (Pays-Bas, Allemagne, France, Belgique, Suisse), du tonnage de la flotte dans les pays rhénans (différentiée en fonction des catégories de taille) et des niveaux d’eau sur le Rhin aux échelles de Maxau, Kaub, Cologne et Duisbourg. Le taux d’utilisation des capacités est défini comme le ratio entre le tonnage de la flotte nécessaire (demande dérivée de la flotte, établie à partir de la demande de transport) et le tonnage de la flotte disponible déterminé sur la base des statistiques relatives à la flotte rhénane présentées dans la deuxième partie de ce chapitre.

 
BATEAUX À CARGAISON SÈCHE
 

  • En 2020, le taux d’utilisation des capacités des bateaux à cargaison sèche en Europe occidentale a diminué pour les bateaux présentant un port en lourd de 1 000 tonnes ou plus. Ceci était lié à la baisse de la demande suite à la crise du Covid. Le graphique ci-dessous montre l’évolution de l’utilisation des capacités pour les différents segments de la flotte. En ce qui concerne les bateaux présentant un port en lourd inférieur à 1 000 tonnes, le degré d’utilisation des capacités est resté à un niveau plus élevé que pour les autres segments de la flotte.

 

FIGURE 12 : UTILISATION DE LA CAPACITÉ DE LA FLOTTE À CARGAISON SÈCHE DANS LES PAYS RHÉNANS (PAR SEGMENT DE FLOTTE)


Source : analyse Panteia sur la base de données fournies par la CCNR
 

  • Cela peut s’expliquer par le fait que le nombre de bateaux de petite taille diminue en raison des exigences plus strictes imposées aux bateaux et du manque de nouvelles constructions. Parallèlement, les bateaux de petite taille occupent une part de marché relativement importante au sein du transport fluvial national, qui a été le moins touché par la crise due au Covid. Aux Pays-Bas, le volume de fret intérieur ou national a augmenté d’un demi pour cent (+1 million de tonnes). En Belgique, le volume intérieur a augmenté de 7 % (+2 millions de tonnes). Cette hausse a cependant été contrée par une diminution de 4 % en Allemagne (-2 millions de tonnes) et de 15 % en France (-5 millions de tonnes). Dans l’ensemble, les volumes intérieurs ont par conséquent diminué d’environ quatre millions de tonnes.
  • Le transport international – notamment sur le Rhin – a été beaucoup plus durement touché. Aux Pays-Bas, une baisse de 5 % du transport international (soit 10 millions de tonnes) a été enregistrée ; en Allemagne, la perte a été d’environ 8 % (-12 millions de tonnes). La baisse a été particulièrement perceptible dans les industries sidérurgiques et a touché à la fois l’approvisionnement en matières premières et la livraison de produits semi-finis.
  • Au regard des tendances structurelles du secteur de la cargaison sèche, nous pouvons conclure qu’il existe toujours une surcapacité. Cette surcapacité est particulièrement visible dans la catégorie des bateaux les plus grands. Selon notre estimation, cela concerne 200 bateaux d’une capacité de chargement supérieure à 2 000 tonnes.

 
BATEAUX À CARGAISON LIQUIDE
 

  • En 2020, le taux d’utilisation des capacités a fortement diminué, étant tombé à 68 % après s’être élevé à 75 % en 2019. Ce sont les bateaux d’une capacité de chargement supérieure à 1 000 tonnes qui ont subi cette baisse ; en ce qui concerne les bateaux-citernes plus petits (soit 19 % de la flotte de bateaux-citernes dans les pays rhénans), leur utilisation dans des segments de marché spécifiques (ciments et huiles comestibles) et la réduction du nombre de bâtiments présentant une capacité de chargement supérieure font que le taux d’utilisation continue d’augmenter.

 

FIGURE 13 : ÉVOLUTION DE L’UTILISATION DES CAPACITÉS DE LA FLOTTE À CARGAISON LIQUIDE DANS LES PAYS RHÉNANS (PAR SEGMENT DE FLOTTE)


Source : analyse Panteia sur la base de données fournies par la CCNR
 

  • Les bateaux de capacité supérieure (> 1 000 tonnes) ont affiché un taux d’utilisation beaucoup plus faible en raison du Covid et notamment de la baisse de la demande de carburants (paraffine, essence et diesel) qui en a résulté. Il convient de noter que, dans les premiers mois qui ont suivi l’apparition du Covid, la demande de transport par barges-citernes augmentait encore. Les produits qui étaient raffinés en Allemagne et en Suisse devaient être transportés vers les ports maritimes en raison d’un recul de la demande sur les marchés nationaux (la baisse d’activité dans le transport routier ayant entraîné la baisse de la demande de carburant). Sans ce pic temporaire de la demande, la diminution de l’utilisation des capacités aurait été encore plus importante. En outre, le transport par barges-citernes en 2020 a été favorisé par des conditions d’hydraulicité critiques sur le Rhin supérieur, ce qui signifiait que les capacités maximales de la flotte ne pouvaient pas être utilisées. Le niveau du rapport entre l’offre et la demande s’en est ainsi trouvé soutenu et, par conséquent, dans une certaine mesure, le degré d’utilisation de la flotte s’en est trouvé accru.
  • La baisse de la demande contrastait avec l’augmentation de la capacité de transport. La capacité de chargement de la flotte de pétroliers en Europe occidentale a augmenté de 2,6 % en 2020 (contre une réduction de 1,6 % de la capacité de cargaison sèche). Cette croissance a eu lieu presque exclusivement dans le segment des bateaux de grande taille ; les segments de marché inférieurs à 1 000 tonnes et compris entre 1 000 et 2 000 tonnes ont connu une baisse de capacité.
  • Pour 2020, la surcapacité dans le secteur de la navigation citerne est estimée à 133 bateaux. Pour 2021, nous prévoyons une légère augmentation de la demande en raison des assouplissements des mesures prises dans le cadre de la lutte contre le Covid mais elle n’entraînera encore aucune amélioration structurelle des conditions du marché. À plus long terme, la surcapacité semble diminuer, mais la transition énergétique nécessitera également des ajustements de la part du transport par bateau-citerne.